AL WATAN Edition du 7 avril 2008 Nouvelles de Souk Ahras Aides aux agriculteurs de Safel El Ouidène (Souk Ahras) : La distribution de pompes à eau contestée Les habitants des hameaux de Koudia Essafra, Aïn Redjam, Henchir Abrir et Essatha, dépendant de la commune de Safel El Ouidène, ont ouvertement dénoncé, à travers une doléance écrite, dont une copie a été adressée à El Watan, une récente attribution de pompes à eau destinées à l’irrigation des terres agricoles, et ce dans le cadre du programme des Hauts-Plateaux. Dans leur correspondance, les contestataires reprochent aux instances ompétentes, l’APC entre autres, d’avoir fait dans le favoritisme et privé les habitants de ces mechtas éloignées d’un matériel attendu depuis des lustres. Décochant leurs flèches vers des personnes opulentes, figurant sur la liste contestée, les mêmes protestataires ont établi une longue liste de griefs, où il font également état d’un népotisme flagrant lors de cette opération qu’ils qualifient de « prébendes et de dividendes post-électorales ». Seuls les noms de ceux qui avaient soutenu l’actuel P/APC lors de la dernière campagne électorale et ses sympathisants ont été retenus par les responsables communaux, estiment-ils à l’unanimité. La même missive fait état de népotisme et cite, en exemple, deux proches parents du même élu figurant sur la liste des bénéficiaires. Ils affirment, par ailleurs, que la section agricole de la circonscription de Bir Bouhouch dont ils dépendent, n’a jamais procédé à la prospection des supposées terres, ni à l’identification des personnes devant recevoir le matériel. La distribution de quelques têtes de bovins au profit des veuves et des personnes démunies de la région est une autre opération contestée, au même titre, par les signataires de la pétition. Le détournement de ces aides, vers des personnes à l’abri du besoin et autres qui ont rompu depuis longtemps avec l’élevage et le travail de la terre, a été critiqué de manière acerbe par les citoyens de ces mechtas, qui plaident en faveur de l’envoi d’une commission d’enquête sur les lieux pour constater de visu la gravité des anomalies. Depuis deux jours, le téléphone du P/APC de Safel El Ouidène sonne et ne répond pas. Mystérieuse disparition de deux transformateurs de l’ADE Le dossier de l’Algérienne des eaux continue de créer l’évènement à Souk Ahras, et les auteurs d’une gestion désastreuse qui aura duré plusieurs années regardent, impuissants, arriver un autre scandale. Des sources concordantes nous ont confirmé l’ouverture imminente d’une enquête sur la disparition, dans des conditions mystérieuses, de deux transformateurs d’une valeur de plus de 2 millions de dinars de l’ADE (annexe de Taoura). Remis par les services de la wilaya à l a direction de l’hydraulique, dans le but de répondre à un besoin urgent ressenti par les citoyens et les responsables de la commune de Taoura en matière d’alimentation en eau potable et d’irrigation des terres agricoles, le matériel en question a été acheminé vers une direction non identifiée. A rappeler que l’Algérienne des eaux a été récemment ébranlée par une enquête sur la gestion financière de l’entreprise pour la période s’étalant entre 1994 et 2003. La dernière instruction judiciaire a concerné la disparition de plus de 400 compteurs à eau dans les mêmes conditions. Une autre affaire concernant un détournement de deniers publics dans l’une des structures de l’annexe de Zaârouria, étouffée par les ex-responsables de l’entreprise, et dont l’auteur vient d’être intégré dans le secteur industriel, a été remise à l’ordre du jour, apprend-on auprès d’une source au fait du dossier. Un préjudice de 30 millions de dinars dans la gestion des fonds des œuvres sociales, des anomalies dans la location de quelques locaux à un particulier, l’octroi et la vente d’un logement de fonction d ans une totale opacité et plusieurs transactions collent au dossier de l’ADE, où l’on promet, à l’instar de celui de la DJS, un redressement et une guerre déclarée contre les responsables de ces scandales avérés. A. Djafri
Edition ALWATAN du 1er avril 2008 > Régions L’ONAEA l’a déclaré dans son bilan Un tiers de la population de Souk Ahras est analphabète La lecture des chiffres avancés par l’office a permis de constater une nette progression dans le nombre des inscrits dont l’âge varie entre 16 et 78 ans. Un tiers de la population, soit 107 000 personnes, ne sait ni lire ni écrire à Souk Ahras. Ce chiffre effarant, avancé par l’annexe de l’Office national d’alphabétisation et d’éducation des adultes (ONAEA), explique, on ne peut mieux, la ténacité d’un phénomène qui, malgré les campagnes menées sans rupture depuis l’Indépendance, demeure toujours d’actualité. Nos sources avancent des taux record dans les zones rurales, telles que les mechtas qui ceinturent les communes de Ragouba, Zouabi, Ouled Driss et Ouled Moumen, où les conditions sociales des citoyens qui y vivent représentent la cause majeure de la persistance de ce fléau. Le cas d’un père de famille de la région de Mechroha qui, faute de pouvoir scolariser ses six enfants en a privé quatre, nous a été cité comme exemple par un élu local. L’enclavement, le manque de moyens de transport, conjugués avec l’insécurité qui caractérisait certaines zones lors de la montée du terrorisme dans les années 1990, ont joué en défaveur de l’alphabétisation dans les régions montagneuses, ainsi que certains quartiers de la périphérie de la ville. La lecture des chiffres avancés par l’office a permis de constater une nette progression dans le nombre des inscrits, dont l’âge varie entre 16 et 78 ans. De 314 en 2004, le nombre des élèves est passé à 9 343 en 2007. Un engouement expliqué par l’importance des moyens humains et matériels mis à la disposition de l’annexe de Souk Ahras et la qualité des cours dispensés à travers les structures implantées dans les 26 communes que compte la wilaya. La gent féminine, de tout temps affectée par les mentalités rétrogrades, notamment en milieu rural, vient d’atteindre un nombre d’inscrits, jamais égalé auparavant. Sur les 9 343 inscrits répartis à travers 569 sections, l’on compte pas moins de 7 689 élèves de sexe féminin, contre 1 654 de sexe masculin. Prise de conscience chez les parents, diront certains observateurs et défi de femmes, diront d’autres. L’office vient d’atteindre ses objectifs pour l’année 2007, apprend-on auprès des responsables de l’annexe, qui se disent optimistes par rapport aux résultats obtenus. La même source explique, toujours par les chiffres, l’évolution qu’a enregistrée l’ONAEA à Souk Ahras depuis son ouverture. S’agissant de la qualité de l’encadrement de l’office, l’annexe de Souk Ahras estime, par le biais de son premier responsable, en l’occurrence Zeghdani Khemissi, qu’elle est en perpétuelle amélioration et qu’elle a récemment connu un bond considérablement qualitatif, puisque l’ONAEA compte parmi une pléthore d’enseignants recrutés, pas moins de 340 universitaires, à savoir15 bacheliers, 58 techniciens supérieurs, 250 licenciés, 16 ingénieurs d’Etat et un post-gradué. Avec ses 8 000, et prochainement 12 000 étudiants, son pôle universitaire prometteur, sa future faculté d’agronomie, une nouvelle mosquée-école pilote El Amen et une Histoire millénaire, marquée par la naissance ou le passage de monuments de la pensée universelles tels que Saint Augustin, Apulée, Chiheb-Eddine Ettifachi et plus tard, Mustapha Kateb et Ali Djenaoui, Souk Ahras vit ses contrastes et les assume. L’ONAEA reconnaît la gravité du phénomène, mais promet, sans fatalisme aucun, une alphabétisation à 100% en 2016. A. Djafri
L'Olivier de Souk Ahras Du haut de sa crête et tel un phare maritime, l’olivier dit de saint Augustin n’a cessé de guider dans le noir et les abysses de l’éternité les vaisseaux des civilisations à travers les rives de Souk Ahras. Oui, tel un fidèle guetteur qui ne dort jamais, il veille jalousement sur Thagaste et ses habitants comme une lionne sur ses lionceaux. Toujours rigide et vert comme l’étendard de l’Islam, il passa sa jeunesse à l’école de l’humilité et de l’amour de notre Jésus fils de la vierge Myriam. Mûri par le temps et les chants mystiques du muezzin, il finit par ouvrir son cœur à notre prophète Mohammed sur lui bénédiction et salut. Surplombant la colline de Sidi Messaoud tel un minaret, il est désormais le témoin de l’unicité de Dieu dans toute Sa Grandeur et Sa Splendeur. Symbole de paix et de réconciliation, de longévité et d’espérance, de victoire et de fidélité, il est l’emblème même de Souk Ahras.Il occupe et depuis des générations une place importante et unique dans le cœur et la mémoire des soukahrassiens. Il est l’âme de cette ville historique qui a tant donné à la civilisation humaine. Cette même cité qui a offert à l’humanité tout entière les meilleurs de ses enfants tels que la très catholique Santa Monica et son génie d’enfant, le grand philosophe Augustin ; l’évergète Romanianus et le sage Alypius et tant d’autres à l’instar du doué Evodius et de son ami Licentius, de Yacine et Mustapha Kateb, de Sidi Messaoud et d’Ahmed El Tifachi, de Badji Mokhtar et de Takfarinas et la liste est loin d’être exhaustive. Cet olivier mondialement connu appartenait-il vraiment à Augustin ? L’a-t-il vraiment planté de ses propres mains. Telles sont les interrogations qui aujourd’hui intriguent les soukahrassiens qui ne cessent de se poser des questions. L’histoire épaulée par la science est catégorique. Cet arbre célèbre n’a rien de commun avec Augustin. Aucun des quelque 22 000 livres écrit sur ce philosophe et aucun de ses multiples ouvrages et serments ne fait mention de cet arbre. Tous les spécialistes de l’augustinisme sont unanimes sur ce point. La science venue au secours de l’histoire le confirme. Ledit olivier est bel et bien antérieur à Augustin. En effet, en 1953 à la veille des célébrations du 1600e anniversaire du saint homme, une expertise dendrochronologique effectuée sur cet arbre par le laboratoire du Pr Douglass à Tuscan en Arizona, estimait son âge à plus de 2900 ans ! Oui notre fameux olivier date de la XXIe dynastie égyptienne et plus précisément de l’époque du roi David et son fils Salomon sur eux bénédiction et salut. L’histoire de cet arbre et du théologien s’est avérée donc une pure affabulation. Ce joli mensonge qui a voulu unifier la sagesse connue à cet olivier et l’inégalable intelligence d’Augustin est ainsi mis à nu. L’origine de cette supercherie culturelle pour ne pas dire cultuelle remonte selon Henri-Irénée Marrou, un grand spécialiste d’Augustin, à l’arrivée des premiers colons sur le sol de Souk Ahras vers la fin de la première moitié du XIXe siècle. Fiers et heureux d’avoir reconquit une région jadis chrétienne, patrie même de saint Augustin le plus célèbre et le plus connu des pères de l’Eglise, certains colons plus soucieux en réalité d’occuper des terres fertiles que de s’intéresser à la glorieuse histoire de leur Eglise ont procédé au baptême de cet olivier au nom du fils de Monique pour immortaliser et matérialiser ce génie du christianisme afin de le vénérer et de s’adonner à son culte et souvent à leurs superstitions. Nombreux sont les chrétiens qui ont désapprouvé ce baptême contraire à la religion chrétienne. Saint Augustin n’avait-il pas dit que la superstition est à la religion ce que l’astrologie est à l’astronomie ? Parmi ces chrétiens qui ont condamné cette attitude pas très catholique et qui sont restés fidèles au chapitre 10 de Jérémie, certains s’opposent toujours à l’arbre de Noël dans leur célébration de la naissance de Jésus. N’a-t-on pas dit dans la Bible que les coutumes des peuples ne sont que vanité ! ? N’oublions pas que par un passé proche, beaucoup de familles musulmanes se sont adonnées inconsciemment à des rites profanes à l’Islam digne de la période de la jahilia. Pendant plusieurs décennies avant et après l’indépendance, des mères allaient enterrer sous cet olivier les prépuces de leurs enfants nouvellement circoncis et priaient pour que leur progéniture ait l’intelligence d’Augustin. Pis encore, les plus riches d’entre elles portaient des offrandes alimentaires en ce lieu, pour des agapes qui trop souvent dégénèrent en orgie, une survivance manifeste de la célèbre fête païenne des Parentalia. L’Islam qui ne croit pas à l’intercession des saints et à l’incarnation rejette toute représentation de Dieu ou de tout autre personne sous toute forme quelle qu’elle soit et cela afin de nous éviter de tomber dans l’idolâtrie et l’injustice sans le savoir. Il est donc de notre devoir de dissocier et à tout jamais le nom de saint Augustin de cet olivier. Rendons justice à Dieu et à cet arbre béni dans le Coran. Veillons à ne pas être injustes avec la mémoire d’Augustin, cet homme de Dieu qui tout au long de sa vie n’a cessé de combattre le paganisme, préparant ainsi à ses descendants le terrain pour l’avènement de l’Islam. Alors que cet arbre sacré de tous les arbres et dont le rameau a été choisi par Dieu notre Seigneur pour signifier à Noé la fin du déluge et le commencement de la décrue, soit le symbole de lui-même, c’est-à-dire de l’amour et de la sagesse, du savoir et de l’éternelle félicité des élus. Ainsi nous coupons l’herbe sous le pied des intégristes et nous privons les criminels d’arguments religieux, ceux-là mêmes qui par le passé ont tenté et à maintes reprises de l’incendier. Mais Dieu a voulu qu’il naisse de ses cendres. Ainsi le décrit Hérodote : «L’olivier fut brûlé dans l’incendie du temple par les barbares, mais le lendemain de l’incendie, quand les Athéniens, chargés par le roi d’offrir un sacrifice, montèrent au sanctuaire, ils virent qu’une pousse haute d’une coudée avait jailli du tronc.» Que cet olivier témoin de notre histoire, histoire de Souk Ahras, histoire de l’Algérie, soit protégé par les autorités et pourquoi pas le classer comme monument historique. Avant nous les Américains l’ont fait avec leurs séquoias et les Japonais avec leurs Pinus aristata. Alors pourquoi pas nous ?
Une journée d’étude sur les risques des huiles askarel (ou PCB) et de l’amiante, organisée mercredi au niveau de l’entreprise nationale des peintures (ENAP) par l’inspection du travail de la wilaya de Souk Ahras, a permis aux participants de mettre en relief le danger que représentent ces produits toxiques sur la santé des travailleurs et par ricochet, celle de toute la population. Des machines et équipements, fonctionnant à base d’askarel, importés avant 1987, sont des sources potentielles de maladies incurables et de contamination pour les personnes en contact régulier ou/et permanent avec cet équipement. Ce liquide visqueux, incolore, irréductible, inflammable à 300° et extrêmement toxique, tel que défini par les intervenants, a été utilisé pour la première fois en 1929 dans les pays occidentaux. Les graves accidents mortels qui ont eu lieu au Japon et aux USA ont amené ses premiers utilisateurs à interdire sa commercialisation. En Algérie, où des sinistres ont été enregistrés avant 1987 à Blida, El Khroub, Mostaganem, Aïn Smara, Boumerdes et Boufarik, l’achat, la vente, l’importation, l’utilisation à n’importe quelle fin de ces huiles toxiques sont interdits depuis l’année 2007 et réprimés par la loi 03/83 et le décret 182/87. La mise en application de ces textes a, certes, réussi à minimiser les risques mais n’a pu résoudre le problème de manière définitive. Des transformateurs, des condensateurs et autres équipements, fonctionnant à base d’askarel, sont toujours à l’hôpital Ibn Rochd, au centre de formation professionnelle de Sédrata, aux parcs d’Algérie Télécom, de l’APC de Souk Ahras et dans au moins 20 autres sites recensés récemment. Une seule firme franco-belge détient la technologie d’élimination de ces huiles. Les risques de déplacement du matériel et les dépenses onéreuses d’une telle opération la rendent impossible. L’on se limite, pour l’heure, à isoler les machines qui contiennent cette substance. Convié à ce rendez-vous, le docteur Saïdia, a expliqué avec force détails les effets immédiats provoqués par ces huiles toxiques sur la santé des citoyens, en cas de contamination. « Le sujet atteint présente souvent des troubles oculaires tels que la déformation des objets perçus et l’absence de couleurs, des amnésies, des céphalées rebelles au traitement, une somnolence, des troubles hépatiques et des cas de cancer du foie, de leucémie et autres maladies incurables », a-t-il précisé. Le représentant de Sonelgaz insistera, quant à lui, sur les mesures préventives devant être mises en application, ajoutant : « Les condensateurs et les transformateurs qui fonctionnaient autrefois à base d’askarel doivent être isolés, placés sur une plate-forme étanche dans une température ambiante avec bacs de sable et extincteurs pour prévenir tout accident pouvant dégénérer en catastrophe naturelle, notamment pour les cas d’incendie ». Le directeur de l’unité des peintures de Souk Ahras (UPSA), en l’occurrence M.Dahmani, évoquant l’expérience de son entreprise, a précisé que l’isolation de ces équipements nécessite des moyens humains et matériels importants, proposant par la même occasion le concours de son entreprise pour prévenir les risques d’accidents. « Nous avons remplacé 16 condensateurs qui contiennent cette substance toxique pour les remplacer par d’autres nouvellement acquis », a-t-il conclu. Les intervenants ont tenu, par ailleurs, à soulever le même problème par rapport aux entreprises en instance de liquidation et celles confrontées à des difficultés financières, où les équipements fonctionnant à base d’askarel ne peuvent être isolés conformément aux conditions requises. Les effets cancérigènes de l’amiante, matière contenue dans des matériaux de construction, les voies de canalisation des eaux et les constructions préfabriquées, a été l’autre volet débattu lors de cette rencontre. Les intervenants, qui ont sollicité la collaboration des services de la Dlep et ceux de l’OPGI, ont émis le vœu de lancer une campagne de sensibilisation pour éliminer cette matière toxique des anciennes bâtisses. D’autres ont révélé que l’on continue à utiliser l’amiante, matière prisée pour son coût et sa résistance même dans des constructions récentes. La création d’une cellule, composée de plusieurs partenaires, aura pour tâches principales l’information, la sensibilisation et la prévention contre ces matières toxiques, et sera une alternative recommandée par les participants et animateurs de cette journée d’étude.
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